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Goré, le rendez-vous annuel de la culture dans la Gnagna tenu à bonne date

7ème édition du FESTRAG dans la commune de Manni.

Goré a vibré les 28, 29 et 30 mai 2021 aux rythmes des sonorités de la 7ème édition du festival des sonorités traditionnelles de Goré (FESTRAG). Cela, après un rendez-vous manqué en 2020, COVID 19 oblige. Chants, danses, prestations de masques, courses de cavaliers et de chameliers ont été les temps forts du festival dont les lampions se sont éteints le dimanche 30 mai dans la commune de Manni.

Ce sont des moments de retrouvailles pour les populations dans ce hameau de culture de la famille Sawadogo à Goré, village situé à 5km de Manni, dans la Gnagna, région de l’Est. Une tradition qu’avait mise en place le défunt patriarche de la famille Sawadogo pour réunir les différentes sensibilités culturelles de la province avant les travaux champêtres. Et depuis 7 ans, ses fils et filles, avec à leur tête, Bilharga Sawadogo, ont donné un aspect solennel à cette fête, jadis coutumière, en la nommant Festival des Sonorités traditionnelles de Goré (FESTRAG). Pour le promoteur de ce festival, Bilharga Sawadogo, l’objectif recherché, c’est d’honorer leur défunt père qui « nous a demandé de ne pas abandonner la culture, parce que le jour que nous abandonnerons la culture, nous serons perdus. Alors, nous nous sommes décidés, à partir de cet instant-là, de formaliser cette rencontre culturelle pour qu’elle ait un sens et que la portée soit nationale et internationale. Et avant, c’était peut-être 40 à 50 personnes, mais aujourd’hui, c’est un grand monde. »

Ce dimanche 30 mai 2021 , ils étaient nombreux à faire le déplacement de Goré pour la clôture du FESTRAG, 7ème édition. Cela, après 2 jours d’intense communion entre les artistes et le public qui n’a pas marchandé sa participation.

Le président de la cérémonie officielle du FESTRAG, Vincent Dabilgou, ministre des Transports et de la Mobilité urbaine, a affirmé qu’il faut que les Burkinabè travaillent à ne pas subir les autres cultures. « Nous sommes dans un monde de plus en plus complexe où chaque pays, à ce rendez-vous de la mondialisation, doit se préparer pour donner ce qu’il a de propre en termes de valeurs traditionnelles (…) Ce que nous avons vu, c’est heureusement une adhésion populaire. De plus en plus, les populations se rendent compte que c’est véritablement le vrai socle qui peut nous rassembler (…) et c’est un message de résilience pour dire que ce n’est pas parce que notre pays est aujourd’hui dans une situation difficile par rapport à l’insécurité que nous devons nous résigner. Nous devons l’affronter, être résilients et montrer que nous avons des choses que nous ne pouvons pas cacher dans nos maisons. Vous avez vu ici les troupes de danse, les tambourins, même les chevaux, les dromadaires. », s’est réjoui Vincent Dabilgou.

Et le parrain culturel, Songri Tindano, d’inviter les populations à s’accepter dans leur différence. « Pour pérenniser cette activité, il faudrait que les filles et fils de cette commune (Manni) soient toujours ensemble, se départissent de toutes les divergences qu’ils ont en eux, divergences politiques, de point de vue, parce que la culture, elle est commune. Donc moi, je voudrais que tout le monde s’accommode pour faire pérenniser cette culture qui reste en nous très chère pour le vivre-ensemble. Il le faut, c’est impérieux. », a-t-il lancé.

Pour le promoteur du FESTRAG, satisfait, c’est sa façon de participer à la réconciliation nationale. Bilhargo Sawadogo a expliqué que sa vision de réconciliation n’est pas cette façon politique que l’on voit. « Dans la Gnagna, il y a 10 sociétés de masques et ce sont 13 villages différentes. Ça veut dire que ces 13 villages là, quel qu’en soient les difficultés, ils sont obligés de cohabiter à travers la culture. Parce que je fais aujourd’hui, tout le monde est chez moi, demain tout le monde est chez l’autre. Et ça, c’est une façon de faire qui permet à certaines personnes de voir les griefs qui existent entre eux dans la société et de les réparer. C’est de cette réconciliation dont nous, nous parlons. », a-t-il ajouté.

Le Festival des Sonorités traditionnelles de Goré avait pour thème : « la culture, ciment de toute nation et de réconciliation ».

Denise COULIBALY

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