Confession du Maire Issouf Kabré de Béré sur la Polémique autour du décès de Rose Marie Compaoré : « Si par malheur j’ai pactisé avec qui ce soit pour jouer avec le décès de ma sœur… »

Bonjour frères et sœurs du Burkina Faso. Juste un petit poste pour une petite mise au point. Avant tout je voudrais très respectueusement m’incliner sur la mémoire de notre sœur. Elle m’a beaucoup appris, tant guider, énormément inspiré et c’est à jamais qu’elle marquera ma vie politique et ma vie tout court. J’aurai bien d’autres occasions pour lui rendre tout l’hommage qu’elle mérite.

J’ai fait l’objet ces derniers temps d’une vive et acerbe critique de la part de certains frères et sœurs que, du reste, je crois comprendre.
J’imagine que les auteurs desdits écrits et commentaires ne maîtrisent pas les faits pour lesquels ils m’assaillent de tous les maux. Je veux revenir sur ce qui s’est passé juste pour mieux me faire comprendre. Le samedi 06 mars nous avions tenu une AG de mon parti à mon domicile à Manga en présence de ma sœur défunte député. Quelques jours plus tard, nous apprenions son hospitalisation dans une clinique. Les choses sont allées très vite si bien que quelques jours après on nous informe son évacuation au CHU de Tengandogo. Alors que nous étions tous en prière pour sa guérison on nous informe son décès vers le 17 mars. Paix une fois encore à son âme. Cette information a été suivie d’une publication du gouvernement informant l’opinion nationale que ce décès est lié au Covid-19. Il se trouve que j’avais bizarrement depuis le 15 mars un mal de gorge.
Le 17 nuit j’allais vraiment très mal. Un mal de tête, une fièvre très forte et un froid bizarre qui s’est vite dissipé. Je ne toussais pas je n’avais aucun rhume. A vrai dire j’ai piqué une panique. Le lendemain j’ai dû forcer pour convoyer une délégation de la province à l’enterrement de notre sœur.
Au retour ça allait mal et la nuit était morose pleine de pleurs pour la défunte et sur le mal qui m’a pris depuis 3 jours. En plein nuit les cauchemars m’ont réveillé et J’ai commencé à appeler le 3535. J’ai vainement tenté jusqu’au petit matin. J’étais obligé d’appeler un ami infirmier sur place qui m’a passé le nom d’une femme que j’ai malheureusement aussi tentée sans succès. C’est le 19 matin finalement que j’ai eu un répondant sur le 3535. J’ai expliqué ma situation. J’ai souhaité être testé. Et pour cela je proposais me déplacer à Ouagadougou. Ils me disent de rester sur place qu’ils me reviendront parce que c’est ainsi leur règle.
Resté dans mon auto isolement à Béré dans une maison en construction, je me suis vu dans le devoir (en tant que premier responsable du parti dans la province ayant convoqué les militants à l’AG) de contacter les autorités sanitaires et administratives provinciales et régionales pour leur demander de voir dans quelles mesures elles pouvaient suivre tous nos militants qui étaient à l’AG. Parce qu’on n’en sait jamais. J’ai même envoyé à madame le gouverneur la liste de présence de notre AG avec l’adresse téléphonique de chacun pour toutes fins utiles. J’ai complété cette liste par les membres de ma famille (ma femme et ses 04 enfants) parce que ceux-ci sortaient servir de l’eau et donner des salutations de politesse. Tous ont été contactés par la direction régionale de la santé du Centre Sud.
Sur intervention du directeur régional j’ai bénéficié du prélèvement le vendredi 20 mars. Le lundi 23 mars aux environs de 9 heures obsédé d’attendre j’appelle un de la direction pour mes résultats. Il me rassure qu’on va m’appeler d’ici là. A 9h 34mn mon téléphone sonne. Je décroche c’était eux. Ils m’annoncent que je suis malheureusement testé positif mais que c’était pas grave et que et que et que. On me dit de ne pas paniquer de rester sur place qu’une équipe de médecins au niveau du district passera m’assister.
J’étais abasourdi, paniqué, terrifié même à l’idée bien sûr de mourir comme tout bon malade, et surtout à l’idée de contaminer tous ces amis frères et camarades. C’est dans cet état d’esprit que j’ai décidé en toute responsabilité et en toute conscience de faire un poste sur ma page Facebook pour alerter tous mes proches et surtout faire taire les supputations qui allaient bon train dans tous les milieux sur mon état de santé. Je souligne que lorsque je faisais la publication je n’étais pas au courant que la famille de la sœur était à couteaux tirés sur le décès. J’ai naïvement crû à la publication du gouvernement. Et j’étais fier de dire en filigrane dans ma publication que « tout le monde connaît ma proximité avec la supposée malade ».
Elle est la première responsable de L’UPC au Centre-sud ; elle est la député du parti dans la province ; elle est ; elle est ; … On ne peut finir de citer. Quoi de plus normal que moi SG de la section provinciale me considéré comme étant proche d’elle et penser que si elle est atteinte d’une maladie contagieuse je suis en premier chef concerné. Surtout que je n’avais pas idée de la contestation de la famille. Chemin faisant, et comme pour compliquer ma tâche un jeune frère qui gère une page en mon nom « Issouf KABRE, Homme de Paix et D’action », (c’est l’intitulé de la page en question), à fait une publication en citant nommément la sœur Rose comme source possible de ma contamination. J’ai été interpelé quelques heures plus tard par un frère sur le fait que le mari de la sœur était offusqué de mes publications. J’ai pas compris pourquoi, mais immédiatement j’ai supprimé mon post et interpelé le jeune frère qui a, lui aussi supprimé sa publication.
Malheureusement la publication du frère avait fait l’objet de partage de capture et d’enregistrement. Beaucoup l’ont exploitée comme ils l’ont compris et voulu après. J’ai essayé juste après la suppression de mon écrit de rentrer en contact avec monsieur Compaoré, le mari de la députée juste pour lui expliquer comment et dans quel esprit ces publications se sont passées Il me décroche et quand je lui dis que c’est Kabré, il raccroche. Je le rappelle une deuxième fois c’est son fils qui décroche et me dit que son papa est occupé. Une troisième tentative le lendemain, il décroche, prononce quelques mots et raccroche. Je me suis résigné. Le 25 mars, un mal de poitrine qui m’a pris depuis le 21 mars commence à m’inquiéter. Je demande au Directeur Régional de négocier mon évacuation à Ouagadougou parce que j’avais peur que ça ne dégénère une nuit alors que je suis seul dans une maison sans assistance aucune à 30km de Manga et à 130 km de Ouagadougou. Chose faite le 25 mars. Une ambulance affrétée depuis Manga vient me chercher vers 20h pour Ouagadougou. C’est aux environs de 23h 30 que j’ai intégré l’hôpital. De l’hôpital je suis rentré en contact avec Ladji Bama quand j’ai vu son écrit.
Au téléphone j’ai essayé de lui expliquer de qui provenait l’écrit qui me valait tant d’incriminations. Je lui ai surtout souligné que son raisonnement était plein de logique parce que à le lire il y’a de la cohérence et surtout de la pertinence dans son analyse. En passant, c’est l’un des journalistes burkinabè qui me donne satisfaction à cause de son audace et son courage dans ses publications. Ainsi, je me suis battu contre la maladie le stress avec une grande hantise sur l’éventualité que des amis et parents soient contaminés. Finalement j’ai reçu les résultats de mon test de contrôle qui me déclaraient guéri le 1er avril.
Jusqu’à maintenant hors mis le DR et le MCD je ne connais aucun des médecins. J’ai le contact de 3 d’entre eux mais habillés en tenue covid19 qu’ils étaient je ne connais aucun de visu. Après que les esprits se soient calmés j’userai de tous les moyens pour m’excuser auprès de monsieur Compaoré et ses enfants avec qui il n’y a jamais eu que l’Entente et la fraternité.
Frères et sœurs Amis et concitoyens je ne me suis pas étalé ainsi pour me dédouaner. C’est juste pour des conseils. Dites-moi, à ma place qu’auriez-vous fait ? Je suis prêt à me corriger à partir de vos conseils.
Je vais terminer ce poste par ceci. Le Zoundwéogo est une terre de grandes renommés. Si par malheur j’ai pactisé avec qui ce soit pour quelques raisons que cela soit pour jouer avec le décès de ma sœur, les mânes de la province doivent sans hésiter m’infliger la plus cinglante des punitions. Elles ne doivent en aucun cas laisser ni moi, ni qui ce soit exploiter ce décès à des fins inavouées.
Rose dans sa demeure nous voit et connaît la vérité. Elle va, elle aussi jouer sa partition. Ma sœur, comme tu le vois et tu le sais je ne ferai jamais ça pourquoi que ce soit, surtout avec ces gens contre lesquels nous nous sommes tant investis dans le combat. Dors en paix première femme député du Zoundwéogo. Dieu révèlera d’ici peu toute la vérité.
Burkimbia.com

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